analyse du rêve de sopat - papa

Sopat qui a perdu son père récemment multiplie les rêves à son sujet.


"Tout commence d'abord dans un décor de l'époque du Japon féodal... Je suis en compagnie de trois ami(e)s... Une femme et deux hommes... Et là j'y vois apparaître quatre protagonistes, un maître ninja supérieur et ses trois disciples en train de livrer une petite bataille... Certains reconnaîtront la référence d'un manga... ( Vivien )

Voyant que la situation commence à devenir très dangereuse, je prends la main de Madame A* et on fuit... Je dis aussi aux deux autres amis, Monsieur B et Monsieur C de nous suivre... À un moment donné, je lâche la main de mon amie pour attirer l'attention de nos poursuivants sur moi afin que mes amis puissent s'échapper sains et saufs... Je me retrouve alors encerclé... Je me dis dans ma tête " P..... , c'est la fin pour moi !"

Le décor change subitement et me voilà expédié dans l'Amérique des années 50, dans une ville je ne sais pas laquelle... Je marche le long d'une rue... Et là, j'entends la voix jeune de mon père, qui me dit en cambodgien :

- " Fils, monte dans la voiture avec ton petit frère..."

Mon cœur se remplit de joie au son de sa voix et j'accours de suite vers lui comme un enfant...

Et hop, changement de décor... Mon père nous conduit à la Ramée... Je suis tellement content car j'ai l'impression que c'est réel... On s'arrête dans une rue étroite pour que je change de place avec lui pour lui montrer que je sais aussi conduire... Mais j'ai du mal... Pourquoi ? Car sans me rendre compte, nous sommes sur une bicyclette et effectivement, c'est dur de passer les rapports... Mon père, tout faible, est assis sur la selle... Et mon petit frère, sur le porte-bagage avec l'apparence de ses 8 ans ... Tandis que moi, avec mon apparence actuel, je pédale debout...

J'essaie désespérément de trouver une solution pour pas que mon père tombe du vélo... Mais je n'en trouve aucune ... Et ça me fait très mal...

Je me réveille ailleurs... Pensant que j'avais rêvé... Mais je ne me doute pas que je suis encore à l'intérieur de celui-ci, mon rêve... Je m'empresse d'aller vous voir, tous les deux, Juan et Meryl...!

J'arrive ce qui semblerait être chez vous... Vous m'accueillez avec les bras ouverts, fidèle à votre grande gentillesse...

De là, je vous expose ce qu'il m'arrive... Votre réponse ne tarde pas... Incroyable !!... Vous me dites que je fais comme une sorte de complexe d' Œdipe en fin de cycle... Que je vois aujourd'hui toute l'admiration que j'ai pour mon père et que je recherche la sienne, admiration... Que c'est normal que je fasse beaucoup de rêves sur lui et que s'il apparaît autant, c'est pour me délivrer un message... "


ANALYSE DU RÊVE


« Tout commence d’abord dans un décor de l’époque du Japon Féodal »


Sopat nous situe entre les années 1198-1868 au pays du soleil levant, est-ce son adolescence qui est mise en avant, de 12 à 18 ans ?

Le Japon, représente entre autre l’intériorisation et la discipline c’est un aspect féminin et introverti. La féodalité est associée à des guerriers guidés par un général, peut-être le père du rêveur.

« Je suis en compagnie de trois ami(e)s… Une femme et deux hommes… »

Une équipe de quatre, nous y sommes c’est bien le chiffre du père en rapport avec l’arcane IV du tarot, l’empereur. Nous pouvons donc imaginer que ce quatuor représente la cellule familiale de notre guerrier, deux fils et deux parents. Ici le masculin ne l’emporte pas malgré le surnombre (ami(e)s).


« Et là j’y vois apparaître quatre protagonistes, un maître ninja supérieur et ses trois disciples en train de livrer une petite bataille… Certains reconnaitront la référence d’un manga… »


Encore une fois le système mis en place est celui d’un chef et de ses élèves, n’y-t-il que des hommes dans ce groupe ? Le rêveur ne le précise pas.


« Voyant que la situation commence à devenir très dangereuse, je prends la main de Madame A et on fuit… Je dis aussi aux deux autres amis, Monsieur B et Monsieur C de nous suivre… À un moment donné, je lâche la main de mon amie pour attirer l’attention de nos poursuivants sur moi afin que mes amis puissent s’échapper sains et saufs… Je me retrouve alors encerclé… Je me dis dans ma tête « P….., c’est la fin pour moi! » »

Face au danger, le rêveur « se retrouve », il voit enfin qui il est, il aime prendre soin des autres, les aider et les protéger. Les majuscules M nous informent qu’il respecte et d’une certaine manière admire ces trois amis. Cependant, la priorité est donnée au féminin, c’est « Madame A » qu’il choisit. Le rêveur aurait donc tendance à privilégier sa mère et, à contrario à fuir un masculin jugé violent et autoritaire. En effet, à ce moment nous entrons dans un pur état émotionnel, Sopat se sent en danger alors que les hommes qui le poursuivent n’ont pas de véritables mauvaises intentions, nous sommes face à une croyance du rêveur, les hommes se battent entre eux, ils sont des guerriers, c’est sa représentation du monde. Mais un monde qui touche à sa fin, d’après la dernière phrase, le changement c’est maintenant comme disait notre président gourmand.

« Le décor change subitement et me voilà expédié dans l’Amérique des années 50, dans une ville je ne sais pas laquelle… Je marche le long d’une rue… et là, j’entends la voix jeune de mon père, qui me dit en cambodgien :

-“Fils, monte dans la voiture avec ton petit frère…“

Mon coeur se remplit de joie au son de sa voix et j’accours de suite vers lui comme un enfant… »

L’Amérique des années 50, le pays de tous les possibles, le fantasmes et donc la fuite de la réalité. Perdre un être cher est une épreuve difficile, pourtant il nous faut intégrer cette réalité pour que la vie suive son cours. Sopat n’est plus un enfant, il doit quitter le royaume de son père pour créer son propre royaume.

« Et hop, changement de décor… Mon père nous conduit à la Ramée… Je suis tellement content car j’ai l’impression que c’est réel… On s’arrête dans une rue étroite pour que je change de place avec lui pour lui montrer que je sais aussi conduire… Mais j’ai du mal… Pourquoi ? Car sans me rendre compte, nous sommes sur une bicyclette et effectivement, c’est dur de passer les rapports… »

Les changements de décors montrent que le rêveur est dans une instabilité psychique, il cherche une réponse. La rue étroite en rapport avec la fin du rêve fait référence au lieu où Oedipe tua son père, elle suggère encore une fois au rêveur de prendre les rênes de sa vie sans être influencé par le souvenir de son père. Il n’est plus question de ramer mais bien de pédaler et d’évoluer psychologiquement.

« Mon père, tout faible, est assis sur la selle… Et mon petit frère, sur le porte-bagage avec l’apparence de ses 8ans… Tandis que moi, avec mon apparence actuel, je pédale debout…

J’essaie désespérément de trouver une solution pour pas que mon père tombe du vélo… Mais je n’en trouve aucune… Et ça me fait très mal… »

Ce passage traduit un sentiment de culpabilité, de ne pas avoir trouvé de solution pour sauver son père. Il prend cette responsabilité et la responsabilité de son frère sur ses épaules ce qui l’empêche d’avancer. Même si on est très fort, avancer à trois sur un vélo, c’est compliqué.

« Je me réveille ailleurs… Pensant que j’avais rêvé… Mais je ne me doute pas que je suis encore à l’intérieur de celui-ci, mon rêve… »

De manière redondante, le rêve invite donc au réveil pour que le rêveur ne soit plus « ailleurs » mais bien sur terre.

« Je m’empresse d’aller vous voir, tous les deux, Juan et Meryl…! J’arrive ce qui semblerait être chez vous… Vous m’accueillez avec les bras ouverts, fidèle à votre grande gentillesse… De là, je vous expose ce qu’il m’arrive… Votre réponse ne tarde pas… Incroyable !!… Vous me dites que je fais comme une sorte de complexe d’Oedipe en fin de cycle… Que je vois aujourd’hui toute l’admiration que j’ai pour mon père et que je recherche la sienne, admiration…

Que c’est normal que je fasse beaucoup de rêves sur lui et que s’il apparaît autant, c’est pour me délivrer un message… »

Juan et Meryl dans ce rêve représentent des figures parentales positives.

« Laïos, le père d’Oedipe, demanda à ce qu’on laisse mourir son fils après avoir ordonné qu’on lui perce les chevilles. Le serviteur en charge de cette mission décida de sauver Oedipe et de le confier à une nouvelle famille. Oedipe devenu adulte, tua son père pour une querelle de priorité dans un passage étroit. Il devient roi après avoir tué le Sphinx et épouse sa mère sans le savoir. Il s’arrache alors les yeux, il refuse de voir. Il trouve la paix en mourant au sanctuaire des Euménides guidé par sa fille. »

Le rêve propose donc à Sopat de trouver la paix à l’intérieur de lui en acceptant qui il est, en se tournant vers la connaissance, en acceptant la mort et le destin. Quand au message que délivre le rêve, il sera interprété en séance avec le rêveur.